O
Dieu, remplis mon âme d'amour pour l'art et pour
toutes les
créatures.
N'admets
pas que la soif du gain et la recherche de la gloire
m'influencent dans l'exercice de mon art: car les ennemis
de la vérité et de l'amour des hommes
pourraient facilement m'abuser et m'éloigner du
noble devoir de faire le bien à tes
enfants.
Soutiens
la force de mon coeur pour qu'il soit toujours prêt
à servir le pauvre et le riche, l'ami et l'ennemi,
le bon et le mauvais. Fais que je ne vois que l'homme
dans celui qui
souffre.
Que
mon esprit reste clair près du lit du malade,
qu'il ne soit distrait par aucune pensée
étrangère afin qu'il ait présent
tout ce que l'expérience et la science lui ont
enseigné: car grande et sublime sont les
recherches scientifiques qui ont pour but de conserver la
santé et la vie de toutes les créatures.
Fais que mes malades aient confiance en moi et en mon
art, qu'ils suivent mes conseils et mes
prescriptions.
Eloigne
de leur lit les charlatans, l'armée des parents
aux mille conseils et les gardes qui savent toujours
tout, car c'est une engeance dangereuse qui, par
vanité, fait échouer les meilleures
intentions de l'art, et conduit souvent tes
créatures à la mort. Si les ignorants me
blâment et me raillent, fais que l'amour de mon
art, comme une cuirasse, me rende invulnérable
pour que je puisse persévérer dans le vrai,
sans égard au prestige, au renom ou à
l'âge de mes
ennemis.
Prête-moi,
mon Dieu, l'indulgence de la patience auprès de
malades entêtés ou
grossiers.
Fais
que je sois modéré en tout mais insatiable
dans mon amour de la
science.
Eloigne
de moi l'idée que je peux
tout.
Donne-moi
la force, la volonté et l'occasion
d'élargir de plus en plus mes connaissances. Je
peux aujourd'hui découvrir dans mon savoir des
choses que je ne soupçonnais pas hier, car l'art
est grand, mais l'Esprit de l'homme pénètre
plus avant.
PRIÈRE DE
THOMAS MOORE (1535)
Dieu
tout puissant, écarte de moi
toute préoccupation de vanité,
tout désir d'être loué,
tout sentiment d'envie,
de gourmandise et de paresse,
tout mouvement de colère,
tout appétit de vengeance,
tout penchant à souhaiter du mal à
autrui
ou à m'en réjouir,
tout plaisir à provoquer la
colère,
toute satisfaction que je pourrais
éprouver
à admonester qui que ce soit
dans son affliction et son malheur.
Rends
moi, Seigneur, bon, humble, effacé,
calme et paisible, charitable et bienveillant,
tendre et compatissant.
Qu'il
y ait dans toutes mes actions,
dans toutes mes paroles
et dans toutes mes pensées,
un goût de ton Esprit saint et
béni.

PRIERE DU MOINE
MIRONE
Maxime
Gorki (1868-1936)
Il
y avait une fois un méchant Voïvode
nommé Gordien. Il traquait les justes et les
torturait.
Car celui que Gordien détestait le plus
était le moine Mirone, l'ermite charitable qui
faisait le bien sans nulle peur, et priait sans
cesse.
Le voïvode appela son serviteur fidèle, le
vaillant Ivan le Guerrier: « Va-t-en, Ivan, tuer le
moine Mirone, tranche-lui la tête et que je la
donne à manger à mes chiens. »
Ivan s'en alla obéissant, mais le cur amer,
se disant: « Je n'y vais pas de ma propre
volonté, c'est par nécessité que je
le fais. Il faut croire que c'est le destin que Dieu m'a
assigné. »
Il a caché son glaive sous son manteau. Il arrive
et salue l'ermite. «Es-tu toujours en bonne
santé, petit vieux? Dieu t'a-t-il toujours en sa
sainte garde?»
Mais le moine, clairvoyant, se mit à sourire et
ses lèvres sages laissèrent tomber ces
mots: « Ivan, n'essaie pas de mentir, je sais
pourquoi tu es venu. Le Seigneur connaît tout. Les
bons et les méchants sont dans sa main. Je sais
pourquoi tu es venu. »
Ivan eut honte, mais il craignait de mentir à son
voïvode. Alors, tirant le glaive du fourreau de
cuir, il essuya la lame au revers de son manteau. «
Mirone, dit-il, je voulais arriver à te tuer sans
que tu voies le glaive, mais maintenant, prie Dieu pour
la dernière fois, prie-le pour moi, pour toi, pour
toute la race humaine; après quoi je te trancherai
la tête. »
Le moine Mirone se mit à genoux sous un jeune
chêne, il dit en souriant à Ivan:
«Ivan, ton attente sera longue, car la prière
pour la race humaine dure longtemps et tu ferais mieux de
me tuer tout de suite que de te fatiguer à
attendre en vain. »
Alors, Ivan a froncé le sourcil et il s'est
rengorgé, le stupide. « Non, ce qui est dit,
est dit, et je t'attendrai, fût-ce un
siècle. »
Le moine pria jusqu'au soir. Puis du soir à
l'aurore, il continua. Puis de l'aurore à l'autre
nuit, il pria encore. Et de l'été au
printemps, sa prière se prolongea. Les ans
s'ajoutaient aux ans, Mirone priait encore. Le jeune
chêne monta jusqu'aux nuages. Une forêt
épaisse était née de ses glands. La
sainte prière n'était pas
terminée.
Et aujourd'hui encore, le moine, tout bas, murmure les
paroles rédemptrices, il demande à Dieu
d'avoir pitié des hommes, à la Vierge, de
leur apporter secours.
Ivan le Guerrier est debout près de lui toujours.
Depuis longtemps son épée est tombée
en poussière et son armure est rongée par
la rouille. Ses beaux habits sont en loques et en
pourriture. Hiver comme été, Ivan reste
là. Et le gel mord, et la chaleur brûle, et
il demeure quand même. Et les loups et les ours
passent sans le regarder.
Mais la prière que le vieux moine adresse pour les
pauvres pécheurs que nous sommes, coule toujours
aussi longue qu'il y a de pécheurs. Elle coule
comme une claire rivière qui baigne la terre,
fraîche et douce comme la miséricorde de
Dieu.
LA MESSE SUR LE
MONDE
Pierre Teilhard
de Chardin
Puisque,
une fois encore,
Seigneur,
non plus dans les
forêts de l'Aisne mais dans les steppes
d'Asie,
je n'ai ni pain, ni vin, ni
autel,
je m'élèverai
par-dessus les symboles à la pure majesté
du
Réel,
et je vous offrirai, moi
votre prêtre, sur l'autel de la Terre
entière,
le travail et la peine du
Monde.
Le
soleil vient d'illuminer, là-bas, la frange
extrême du premier
Orient.
Une fois de plus, sous la
nappe mouvante de ses
feux,
la surface vivante de la
Terre s'éveille,
frémit,
et recommence son effrayant
labeur.
Je placerai sur ma
patène, ô mon
Dieu,
la moisson attendue de ce
nouvel effort.
Je verserai dans mon calice
la sève de tous les
fruits
qui seront aujourd'hui
broyés.
Mon
calice et ma
patène,
ce sont les profondeurs
d'une âme largement
ouverte
à toutes les forces
qui, dans un
instant,
vont s'élever de tous
les points du
Globe
et converger vers
l'Esprit.
Qu'ils
viennent donc à
moi,
le souvenir et la mystique
présence de ceux que la lumière
éveille
pour une nouvelle
journée !
PRIERE DU
MEDECIN
Pie XII
(1876-1958)
O
divin Médecin des âmes et des corps,
Jésus notre Rédempteur, qui durant votre
vie mortelle avez manifesté votre
prédilection pour les malades en les
guérissant par le toucher de votre main; nous vous
adorons, nous qui sommes appelés à la rude
mission de médecins, et nous reconnaissons en vous
notre sublime modèle et notre soutien.
Guidez
toujours notre pensée, notre cur et notre
main afin que nous méritions la louange et
l'honneur que le Saint-Esprit attribue à notre
charge
(Siracide
38).
Accroissez
en nous la conscience d'être vos collaborateurs
dans la défense et le développement des
créatures humaines, et un instrument de votre
miséricorde.
Illuminez
nos intelligences dans l'âpre lutte contre les
innombrables infirmités du corps afin que,
grâce à un juste emploi de la science et de
ses progrès, nous ne soyons ni ignorants de la
cause des maux, ni égarés par leurs
symptômes, mais qu'avec un jugement sûr, nous
puissions indiquer les remèdes disposés par
votre Providence;
Dilatez
nos curs par votre amour : faites que, vous
reconnaissant dans les malades, particulièrement
dans les plus abandonnés, nous répondions
par une sollicitude inlassable à la confiance
qu'ils mettent en nous.
Qu'à
votre exemple, nous soyons paternels dans la compassion,
sincères dans les conseils, vigilants dans les
soins, opposés à laisser dans l'illusion,
plein de douceur dans l'annonce du mystère de la
douleur et de la mort ; rendez-nous fermes dans la
défense de la sainte loi du respect dû
à la vie, contre les attaques de
l'égoïsme et des instincts
pervers;
Médecins,
qui nous glorifions de votre nom, nous promettons que
notre activité s'exercera constamment dans
l'observation de l'ordre moral et sous l'autorité
de ses lois.
Accordez-nous
enfin de mériter un jour, par la conduite
chrétienne de notre vie et le juste exercice de
notre profession, d'entendre de vos lèvres la
sentence de vie éternelle promise à ceux
qui vous auront visité en la personne de nos
frères malades: "Venez, les bénis de mon
Père, prenez possession du Royaume qui vous a
été
préparé"
(Mt 25,34).
PRIERE DU MALADE
POUR SES MEDECINS
Marie Noël
(1883-1967)
Notes
intimes, Éditions Stock, Paris
1995
Ayez
Pitié, mon Dieu, de ceux qui se sont
chargés de la croix des autres, de ceux qui se
sont faits sauveurs.
Sauveur
de tous donnez au médecin la
LUMIÈRE.
Eclairez-le
dans l''obscurité d'autrui pour qu'obligé
de pénétrer dans le secret des corps et des
âmes, il ne se trompe pas de route et ne blesse
rien en passant.
Donnez
au médecin l'AMOUR, pour que, chargé de sa
propre peine et sans refuge peut-être pour
lui-même il trouve toujours en soi une douceur, un
abri, une force pour le désespéré
qui 1'attend.
Donnez
au médecin la GRÂCE, pour qu'en son plus
mauvais moment, dans son incertitude, sa faiblesse
d'homme, son trouble, il reste toujours assez sage,
toujours assez bon, toujours assez pur, digne de la
douleur sacrée dont la foi s'est donnée
à lui.
Donnez
au médecin la FIDÉLITÉ dans la
miséricorde, pour qu'il n'oublie pas, n'abandonne
jamais le moindre des misérables qui à lui
se fie.
Donnez-lui
la FORCE, ô mon Dieu, pour que le Poids de tous ne
vienne pas trop l'accabler, pour que la détresse
qu'il porte n'atteigne pas sa joie, pour que la blessure
qu'il panse ne lui fasse pas de Mal.
UNE DES
PRIÈRES FAVORITES DE MERE
TERESA
Lue à la réunion de Bureau de la FEAMC,
à Matran, en oct. 2003
Seigneur
Jésus,
Aide-nous
à répandre Ton parfum ou que nous
allions.
Inonde
nos âmes de Ton Esprit et de Ta vie. Remplis et
prends possession de notre être entier afin que nos
vies ne soient qu'un reflet de la Tienne.
Brille
à travers nous, fais que nous rayonnions tant de
Toi, que toutes les âmes que tu nous donneras de
rencontrer puissent sentir Ta présence en
nous.
Reste
en nous, c'est alors que nous rayonnerons comme tu
rayonnes, C'est alors que nous serons une lumière
pour les autres. Ce sera Toi qui éclaireras les
autres à travers nous.
Que
nous proclamions Ton Nom, non par des mots mais par
l'exemple, par la force contagieuse et l'influence
attirante de ce que nous faisons, par l'évidente
plénitude de l'amour que nos coeurs Te
portent.
Amen.
PRIERE DU
MEDECIN CATHOLIQUE
Jean-Paul II (29
juin 2000)
Seigneur
Jésus,
Médecin
divin, toi qui, au cours de ta vie terrestre, as
témoigné un amour de prédilection
envers ceux qui souffrent et qui as confié
à tes apôtres le ministère de
guérison, dispose-nous à être
toujours empressés à soulager les
souffrances de nos frères. Fais que chacun d'entre
nous soit conscient de la grande mission qui lui a
été confiée et qu'il s'efforce
d'être toujours un instrument de ton amour
miséricordieux dans son service quotidien. Eclaire
nos esprits, guide nos mains, rends-nos coeurs attentifs
et compatissants. Fais nous voir dans chaque malade les
traits de ton Visage divin.
Toi
qui est la Voie, donne-nous de savoir t'imiter
chaque jour, non seulement comme médecins des
corps, mais comme médecins de toute la personne,
en aidant nos malades à poursuivre en toute
confiance leur parcours terrestre jusqu'au moment de leur
rencontre avec Toi.
Toi
qui est la Vérité, donne-nous la
sagesse et la science, pour pénétrer dans
le mystère de l'homme et de sa destinée
transcendante, lorsque nous le rencontrons pour
découvrir les causes de son mal et pour en trouver
les bons remèdes.
Toi
qui est la Vie, donne-nous de porter l'annonce et
le témoignage de "l'Evangile de la vie" dans notre
profession, en nous attachant à la défendre
toujours, de la conception jusqu'à son
achèvement naturel, et à respecter la
dignité de tous les êtres humains,
particulièrement des plus faibles et des plus
nécessiteux.
Seigneur,
fais de nous des bons Samaritains, prêts
à accueillir, soigner et consoler ceux que nous
rencontrons au cours de nos activités. Aide-nous
à apporter notre généreuse
contribution au renouvellement constant des structures de
la santé, à l'exemple des saints
médecins qui nous ont
précédés.
Bénis
notre travail et notre profession, éclaire nos
recherches et notre enseignement. Accorde-nous, enfin,
qu'après T'avoir toujours aimé et servi
dans nos frères souffrants, nous puissions, au
terme de notre pèlerinage terrestre, contempler
ton visage glorieux et éprouver la joie de la
rencontre avec Toi, dans ton Règne de bonheur et
de paix infinie.
Amen.