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C.C.M.F.
CENTRE CATHOLIQUE DES MEDECINS FRANÇAIS
5 avenue de l'Observatoire, 75006 Paris
Tél: 01 46 34 59 15, mercredi, 13h-18h
E-mail:
ccmf@wanadoo.fr - Site Web: www.ccmf.fr

 

PRIERES
(classées par ordre chonologique)

Prière quotidienne (Moïse Maimonide)

Prière de Thomas Moore

La prière du moine Mirone (Maxime Gorki)

La messe sur le monde (Pierre Teilhard de Chardin)

Prière du Médecin (Pie XII)

Prière du malade pour ses médecins (Marie Noël)

Une des prières favorites de Mère Térésa

Prière du médecin catholique (Jean-Paul II)

PRIERE QUOTIDIENNE
de Moïse Maïmonide, médecin et philosophe juif sépharade (1135-1204)

O Dieu, remplis mon âme d'amour pour l'art et pour toutes les créatures.
N'admets pas que la soif du gain et la recherche de la gloire m'influencent dans l'exercice de mon art: car les ennemis de la vérité et de l'amour des hommes pourraient facilement m'abuser et m'éloigner du noble devoir de faire le bien à tes enfants.
Soutiens la force de mon coeur pour qu'il soit toujours prêt à servir le pauvre et le riche, l'ami et l'ennemi, le bon et le mauvais. Fais que je ne vois que l'homme dans celui qui souffre.
Que mon esprit reste clair près du lit du malade, qu'il ne soit distrait par aucune pensée étrangère afin qu'il ait présent tout ce que l'expérience et la science lui ont enseigné: car grande et sublime sont les recherches scientifiques qui ont pour but de conserver la santé et la vie de toutes les créatures. Fais que mes malades aient confiance en moi et en mon art, qu'ils suivent mes conseils et mes prescriptions.
Eloigne de leur lit les charlatans, l'armée des parents aux mille conseils et les gardes qui savent toujours tout, car c'est une engeance dangereuse qui, par vanité, fait échouer les meilleures intentions de l'art, et conduit souvent tes créatures à la mort. Si les ignorants me blâment et me raillent, fais que l'amour de mon art, comme une cuirasse, me rende invulnérable pour que je puisse persévérer dans le vrai, sans égard au prestige, au renom ou à l'âge de mes ennemis.
Prête-moi, mon Dieu, l'indulgence de la patience auprès de malades entêtés ou grossiers.
Fais que je sois modéré en tout mais insatiable dans mon amour de la science.
Eloigne de moi l'idée que je peux tout.
Donne-moi la force, la volonté et l'occasion d'élargir de plus en plus mes connaissances. Je peux aujourd'hui découvrir dans mon savoir des choses que je ne soupçonnais pas hier, car l'art est grand, mais l'Esprit de l'homme pénètre plus avant.

PRIÈRE DE THOMAS MOORE (1535)

Dieu tout puissant, écarte de moi
toute préoccupation de vanité,
tout désir d'être loué,
tout sentiment d'envie,
de gourmandise et de paresse,
tout mouvement de colère,
tout appétit de vengeance,
tout penchant à souhaiter du mal à autrui
ou à m'en réjouir,
tout plaisir à provoquer la colère,
toute satisfaction que je pourrais éprouver
à admonester qui que ce soit
dans son affliction et son malheur.
Rends moi, Seigneur, bon, humble, effacé,
calme et paisible, charitable et bienveillant,
tendre et compatissant.
Qu'il y ait dans toutes mes actions,
dans toutes mes paroles
et dans toutes mes pensées,
un goût de ton Esprit saint et béni.

PRIERE DU MOINE MIRONE
Maxime Gorki (1868-1936)

Il y avait une fois un méchant Voïvode nommé Gordien. Il traquait les justes et les torturait.
Car celui que Gordien détestait le plus était le moine Mirone, l'ermite charitable qui faisait le bien sans nulle peur, et priait sans cesse.
Le voïvode appela son serviteur fidèle, le vaillant Ivan le Guerrier: « Va-t-en, Ivan, tuer le moine Mirone, tranche-lui la tête et que je la donne à manger à mes chiens. »
Ivan s'en alla obéissant, mais le cœur amer, se disant: « Je n'y vais pas de ma propre volonté, c'est par nécessité que je le fais. Il faut croire que c'est le destin que Dieu m'a assigné. »
Il a caché son glaive sous son manteau. Il arrive et salue l'ermite. «Es-tu toujours en bonne santé, petit vieux? Dieu t'a-t-il toujours en sa sainte garde?»
Mais le moine, clairvoyant, se mit à sourire et ses lèvres sages laissèrent tomber ces mots: « Ivan, n'essaie pas de mentir, je sais pourquoi tu es venu. Le Seigneur connaît tout. Les bons et les méchants sont dans sa main. Je sais pourquoi tu es venu. »
Ivan eut honte, mais il craignait de mentir à son voïvode. Alors, tirant le glaive du fourreau de cuir, il essuya la lame au revers de son manteau. « Mirone, dit-il, je voulais arriver à te tuer sans que tu voies le glaive, mais maintenant, prie Dieu pour la dernière fois, prie-le pour moi, pour toi, pour toute la race humaine; après quoi je te trancherai la tête. »
Le moine Mirone se mit à genoux sous un jeune chêne, il dit en souriant à Ivan: «Ivan, ton attente sera longue, car la prière pour la race humaine dure longtemps et tu ferais mieux de me tuer tout de suite que de te fatiguer à attendre en vain. »
Alors, Ivan a froncé le sourcil et il s'est rengorgé, le stupide. « Non, ce qui est dit, est dit, et je t'attendrai, fût-ce un siècle. »
Le moine pria jusqu'au soir. Puis du soir à l'aurore, il continua. Puis de l'aurore à l'autre nuit, il pria encore. Et de l'été au printemps, sa prière se prolongea. Les ans s'ajoutaient aux ans, Mirone priait encore. Le jeune chêne monta jusqu'aux nuages. Une forêt épaisse était née de ses glands. La sainte prière n'était pas terminée.
Et aujourd'hui encore, le moine, tout bas, murmure les paroles rédemptrices, il demande à Dieu d'avoir pitié des hommes, à la Vierge, de leur apporter secours.
Ivan le Guerrier est debout près de lui toujours. Depuis longtemps son épée est tombée en poussière et son armure est rongée par la rouille. Ses beaux habits sont en loques et en pourriture. Hiver comme été, Ivan reste là. Et le gel mord, et la chaleur brûle, et il demeure quand même. Et les loups et les ours passent sans le regarder.
Mais la prière que le vieux moine adresse pour les pauvres pécheurs que nous sommes, coule toujours aussi longue qu'il y a de pécheurs. Elle coule comme une claire rivière qui baigne la terre, fraîche et douce comme la miséricorde de Dieu.

LA MESSE SUR LE MONDE
Pierre Teilhard de Chardin

Puisque, une fois encore, Seigneur,
non plus dans les forêts de l'Aisne mais dans les steppes d'Asie,
je n'ai ni pain, ni vin, ni autel,
je m'élèverai par-dessus les symboles à la pure majesté du Réel,
et je vous offrirai, moi votre prêtre, sur l'autel de la Terre entière,
le travail et la peine du Monde.

Le soleil vient d'illuminer, là-bas, la frange extrême du premier Orient.
Une fois de plus, sous la nappe mouvante de ses feux,
la surface vivante de la Terre s'éveille, frémit,
et recommence son effrayant labeur.
Je placerai sur ma patène, ô mon Dieu,
la moisson attendue de ce nouvel effort.
Je verserai dans mon calice la sève de tous les fruits
qui seront aujourd'hui broyés.

Mon calice et ma patène,
ce sont les profondeurs d'une âme largement ouverte
à toutes les forces qui, dans un instant,
vont s'élever de tous les points du Globe
et converger vers l'Esprit.

Qu'ils viennent donc à moi,
le souvenir et la mystique présence de ceux que la lumière éveille
pour une nouvelle journée !

PRIERE DU MEDECIN
Pie XII (1876-1958)

O divin Médecin des âmes et des corps, Jésus notre Rédempteur, qui durant votre vie mortelle avez manifesté votre prédilection pour les malades en les guérissant par le toucher de votre main; nous vous adorons, nous qui sommes appelés à la rude mission de médecins, et nous reconnaissons en vous notre sublime modèle et notre soutien.

Guidez toujours notre pensée, notre cœur et notre main afin que nous méritions la louange et l'honneur que le Saint-Esprit attribue à notre charge (Siracide 38).

Accroissez en nous la conscience d'être vos collaborateurs dans la défense et le développement des créatures humaines, et un instrument de votre miséricorde.

Illuminez nos intelligences dans l'âpre lutte contre les innombrables infirmités du corps afin que, grâce à un juste emploi de la science et de ses progrès, nous ne soyons ni ignorants de la cause des maux, ni égarés par leurs symptômes, mais qu'avec un jugement sûr, nous puissions indiquer les remèdes disposés par votre Providence;

Dilatez nos cœurs par votre amour : faites que, vous reconnaissant dans les malades, particulièrement dans les plus abandonnés, nous répondions par une sollicitude inlassable à la confiance qu'ils mettent en nous.

Qu'à votre exemple, nous soyons paternels dans la compassion, sincères dans les conseils, vigilants dans les soins, opposés à laisser dans l'illusion, plein de douceur dans l'annonce du mystère de la douleur et de la mort ; rendez-nous fermes dans la défense de la sainte loi du respect dû à la vie, contre les attaques de l'égoïsme et des instincts pervers;

Médecins, qui nous glorifions de votre nom, nous promettons que notre activité s'exercera constamment dans l'observation de l'ordre moral et sous l'autorité de ses lois.

Accordez-nous enfin de mériter un jour, par la conduite chrétienne de notre vie et le juste exercice de notre profession, d'entendre de vos lèvres la sentence de vie éternelle promise à ceux qui vous auront visité en la personne de nos frères malades: "Venez, les bénis de mon Père, prenez possession du Royaume qui vous a été préparé" (Mt 25,34).

PRIERE DU MALADE POUR SES MEDECINS
Marie Noël (1883-1967)
Notes intimes, Éditions Stock, Paris 1995

Ayez Pitié, mon Dieu, de ceux qui se sont chargés de la croix des autres, de ceux qui se sont faits sauveurs.
Sauveur de tous donnez au médecin la LUMIÈRE.
Eclairez-le dans l''obscurité d'autrui pour qu'obligé de pénétrer dans le secret des corps et des âmes, il ne se trompe pas de route et ne blesse rien en passant.
Donnez au médecin l'AMOUR, pour que, chargé de sa propre peine et sans refuge peut-être pour lui-même il trouve toujours en soi une douceur, un abri, une force pour le désespéré qui 1'attend.
Donnez au médecin la GRÂCE, pour qu'en son plus mauvais moment, dans son incertitude, sa faiblesse d'homme, son trouble, il reste toujours assez sage, toujours assez bon, toujours assez pur, digne de la douleur sacrée dont la foi s'est donnée à lui.
Donnez au médecin la FIDÉLITÉ dans la miséricorde, pour qu'il n'oublie pas, n'abandonne jamais le moindre des misérables qui à lui se fie.
Donnez-lui la FORCE, ô mon Dieu, pour que le Poids de tous ne vienne pas trop l'accabler, pour que la détresse qu'il porte n'atteigne pas sa joie, pour que la blessure qu'il panse ne lui fasse pas de Mal.

UNE DES PRIÈRES FAVORITES DE MERE TERESA
Lue à la réunion de Bureau de la FEAMC, à Matran, en oct. 2003

Seigneur Jésus,
Aide-nous à répandre Ton parfum ou que nous allions.
Inonde nos âmes de Ton Esprit et de Ta vie. Remplis et prends possession de notre être entier afin que nos vies ne soient qu'un reflet de la Tienne.
Brille à travers nous, fais que nous rayonnions tant de Toi, que toutes les âmes que tu nous donneras de rencontrer puissent sentir Ta présence en nous.
Reste en nous, c'est alors que nous rayonnerons comme tu rayonnes, C'est alors que nous serons une lumière pour les autres. Ce sera Toi qui éclaireras les autres à travers nous.
Que nous proclamions Ton Nom, non par des mots mais par l'exemple, par la force contagieuse et l'influence attirante de ce que nous faisons, par l'évidente plénitude de l'amour que nos coeurs Te portent.
Amen.

PRIERE DU MEDECIN CATHOLIQUE
Jean-Paul II (29 juin 2000)

Seigneur Jésus,
Médecin divin, toi qui, au cours de ta vie terrestre, as témoigné un amour de prédilection envers ceux qui souffrent et qui as confié à tes apôtres le ministère de guérison, dispose-nous à être toujours empressés à soulager les souffrances de nos frères. Fais que chacun d'entre nous soit conscient de la grande mission qui lui a été confiée et qu'il s'efforce d'être toujours un instrument de ton amour miséricordieux dans son service quotidien. Eclaire nos esprits, guide nos mains, rends-nos coeurs attentifs et compatissants. Fais nous voir dans chaque malade les traits de ton Visage divin.
Toi qui est la Voie, donne-nous de savoir t'imiter chaque jour, non seulement comme médecins des corps, mais comme médecins de toute la personne, en aidant nos malades à poursuivre en toute confiance leur parcours terrestre jusqu'au moment de leur rencontre avec Toi.
Toi qui est la Vérité, donne-nous la sagesse et la science, pour pénétrer dans le mystère de l'homme et de sa destinée transcendante, lorsque nous le rencontrons pour découvrir les causes de son mal et pour en trouver les bons remèdes.
Toi qui est la Vie, donne-nous de porter l'annonce et le témoignage de "l'Evangile de la vie" dans notre profession, en nous attachant à la défendre toujours, de la conception jusqu'à son achèvement naturel, et à respecter la dignité de tous les êtres humains, particulièrement des plus faibles et des plus nécessiteux.
Seigneur, fais de nous des bons Samaritains, prêts à accueillir, soigner et consoler ceux que nous rencontrons au cours de nos activités. Aide-nous à apporter notre généreuse contribution au renouvellement constant des structures de la santé, à l'exemple des saints médecins qui nous ont précédés.
Bénis notre travail et notre profession, éclaire nos recherches et notre enseignement. Accorde-nous, enfin, qu'après T'avoir toujours aimé et servi dans nos frères souffrants, nous puissions, au terme de notre pèlerinage terrestre, contempler ton visage glorieux et éprouver la joie de la rencontre avec Toi, dans ton Règne de bonheur et de paix infinie.
Amen.